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Tour du sommet du Mont Ventoux au-dessus des pentes boisées
Au-dessus des forêts, le sommet blanc du Ventoux sert de repère dans le nord de la Provence.

Escapade au Mont Ventoux

Le sommet du Mont Ventoux, belvédère de la Provence

Texte et photographies par

À la sortie de la forêt, les lacets s’élèvent à travers un désert de calcaire blanc, un paysage presque lunaire, jusqu’à la tour du sommet. Là-haut, on s’arrête pour contempler la chaîne des Alpes, les monts et les plaines de Provence.

Des versants boisés au sommet de calcaire

Le Mont Ventoux domine le nord du Vaucluse, entre la plaine du Comtat Venaissin, la vallée du Toulourenc et le plateau de Sault. Son sommet, à 1 910 mètres d’altitude, forme un repère isolé au-dessus de la vallée du Rhône. De loin, les pierres calcaires donnent à la montagne une blancheur que l’on pourrait prendre pour de la neige, même au cœur de l’été.

Trois routes gagnent le sommet. Depuis Bédoin, la montée traverse la forêt avant de déboucher au Chalet Reynard ; depuis Sault, elle rejoint ce même chalet par le versant est. Du côté de Malaucène, la route passe par le Mont Serein. Au-dessus des derniers hêtres et des pins, les arbres s’effacent, et les derniers lacets se découpent dans le pierrier.

Route bordée de pins montant vers les pierres blanches et la tour du Ventoux
La forêt accompagne la montée avant de laisser place aux pentes calcaires du sommet.

Une montagne entre influences méditerranéennes et alpines

En quelques kilomètres, l’altitude change les conditions de vie. Les versants boisés laissent place à une végétation basse, dispersée entre les pierres et soumise au froid, au soleil et au vent. Certaines plantes des hauteurs sont héritières des périodes glaciaires. Cette succession de milieux, des étages méditerranéens aux pelouses d’altitude, explique la reconnaissance du Ventoux comme réserve de biosphère par l’UNESCO en 1990.

Les troupeaux rappellent un autre usage de la montagne. Sur les pentes ouvertes, les moutons circulent au milieu des pierres, au-dessus des plaines cultivées. Les chemins aménagés permettent de découvrir ces milieux sans multiplier les passages dans une végétation fragile.

Moutons sur les pentes pierreuses du Mont Ventoux avec la plaine en contrebas
Les troupeaux occupent aussi les hauteurs, bien au-dessus des cultures de la plaine.

Depuis le sommet, lire les reliefs de Provence

La vue se découvre vers le sud : les reliefs du Luberon et des Alpilles ponctuent le paysage ; à l’ouest, la vallée du Rhône sépare la Provence des reliefs cévenols. Vers le nord et l’est, les montagnes de la Drôme provençale se succèdent jusqu’aux grandes chaînes des Alpes. Leur netteté dépend du temps : le vent du sud brouille les horizons, tandis que le mistral dégage le ciel.

Sur le parvis, les cyclistes arrivent, descendent de leur vélo et contemplent le panorama. Autour de la tour, les espaces piétons et les escaliers réaménagés en 2021 organisent la promenade ; les panneaux rencontrés en chemin expliquent les reliefs, le climat extrême et la vie du sommet.

Deux cyclistes assis au sommet face aux lacets et aux reliefs lointains
Après l’arrivée, la pause face aux reliefs de Provence.
Petite tour sur une pente de pierres blanches devant des montagnes successives
Depuis les pentes du sommet, les reliefs de la Drôme provençale se succèdent.

Un observatoire dans le souffle du mistral

Le sommet a accueilli un observatoire météorologique dès 1882. Les instruments devaient mesurer la température, l’humidité, la pression, les précipitations et les vents dans des conditions qui pouvaient les endommager. Le panneau de la rotonde raconte comment la glace et les rafales mettaient le matériel à l’épreuve. Un tunnel reliait l’observatoire à la plateforme ; deux portes opposées permettaient aux observateurs de sortir en évitant le vent de face.

La tour reste aujourd’hui le repère le plus visible du sommet. Des capteurs installés en 2016 ont renoué avec les observations météorologiques. Le panneau de la rotonde donne pour juillet une moyenne des températures maximales de 21 °C. Il rappelle une rafale de 320 km/h enregistrée en 1967. Ces repères donnent la mesure de l’exposition du lieu : même en été, le froid et le vent peuvent écourter une visite.

Tour du Mont Ventoux, parvis pavé, garde-corps et cheminement dans le pierrier
Le parvis et les cheminements aménagés donnent une place aux visiteurs au pied de la tour.
Panneau de données climatiques devant la grande tour du Mont Ventoux
Les relevés présentés au sommet rappellent combien le climat diffère de celui de la plaine.

Les derniers kilomètres des cyclistes

Les cyclistes s’élancent sur les routes du Ventoux pour parvenir au sommet. Après les derniers lacets, ils se retrouvent près du panneau d’arrivée pour faire une photo. La montée demande un entraînement adapté : en plus de la pente, la chaleur au bas de la montagne et le vent des derniers kilomètres augmentent la difficulté.

En 1908, Jacques Gabriel remporte la première course cycliste du Ventoux en 2 h 29. Le Tour de France emprunte la montagne pour la première fois en 1951. Sur la route de Bédoin, la stèle de Tom Simpson rappelle la mort du coureur britannique pendant l’étape du 13 juillet 1967. Elle donne à ces dernières pentes une place particulière dans la mémoire du cyclisme.

Stèle de Tom Simpson et objets déposés par les cyclistes sur la route du Ventoux
La stèle de Tom Simpson entretient la mémoire du coureur disparu sur ces pentes en 1967.

Au pied du Ventoux, prolonger la découverte

Depuis le sommet, trois routes ramènent vers des paysages différents. Bédoin et Malaucène ouvrent sur les villages et les vignobles du piémont. Côté Sault, les lavandes du plateau d’Albion accompagnent les routes d’été, tandis que les gorges de la Nesque offrent une autre traversée du paysage, cette fois dans le creux d’un canyon.

Sur le versant nord, Brantes fait face à la montagne depuis la vallée du Toulourenc. Un séjour autour du Mont Ventoux permet d’associer la montée au sommet à ces villages et à leurs paysages, en choisissant la journée d’ascension selon la météo.

Informations pratiques

Accéder au sommet et parcourir les belvédères

Jusqu’où va la route ?
En période d’ouverture, les routes de Bédoin, Malaucène et Sault atteignent le sommet. Les tronçons supérieurs ferment en hiver : l’accès routier s’arrête alors au Chalet Reynard côté sud et au Mont Serein côté nord. Les dates de fermeture et de réouverture dépendent des conditions ; vérifiez-les avant de partir.
Où se garer ?
Utilisez les zones autorisées signalées près du sommet : stationnements RD 974 et Tempêtes côté Chalet Reynard, Radôme côté Malaucène. Le parvis de l’ancien observatoire est réservé aux piétons et aux cyclistes ; on le rejoint depuis les places de stationnement.
Praticabilité des chemins
Le parcours du sommet alterne parvis, escaliers et chemins pierreux, avec des dénivelés. Prévoyez de bonnes chaussures, de l’eau et un vêtement chaud, même en été. Restez sur les cheminements balisés pour préserver le pierrier ; en cas de vent fort, de neige ou de verglas, renoncez à la promenade exposée.

Avant la visite, consultez les conditions d’accès, la carte du sommet publiée par le Parc et la météo au sommet.

Prolonger le séjour

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