Escapade autour du Pont du Gard
Sur les traces de l’aqueduc romain près du Pont du Gard
Texte et photographies par Vincent Flachaire
Autour du Pont du Gard, des arches et des fragments de canal subsistent dans la garrigue. Une promenade le long de l’aqueduc romain permet de comprendre comment l’eau rejoignait Nîmes.
Retrouver l’aqueduc près de Vers
Entre Vers-Pont-du-Gard et le grand pont romain, les sentiers passent au pied d’arches basses et de murs envahis par la végétation. Les vestiges sont parfois isolés ; ailleurs, ils se succèdent le long du chemin.
Le Pont du Gard n’était qu’un franchissement sur un ouvrage bien plus long. Autour de Vers, les constructions s’adaptent aux dénivelés : les murs soutiennent la conduite, tandis que les arches lui permettent de franchir les creux du terrain sans perdre de hauteur.
Faire couler l’eau jusqu’à Nîmes
Construit au Ier siècle de notre ère, l’aqueduc amenait à Nîmes l’eau de la Fontaine d’Eure, près d’Uzès. La source et la ville sont distantes d’une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau, mais le canal en parcourait environ cinquante pour contourner les reliefs.
Entre le départ et l’arrivée, la différence d’altitude n’est que d’environ douze mètres, soit une pente moyenne proche de vingt-cinq centimètres par kilomètre. L’eau avançait par gravité. Les bâtisseurs devaient donc adapter le tracé aux collines tout en conservant assez de hauteur pour atteindre la ville et alimenter ses fontaines et ses bains.
La Lône, des arches sans canal
Dans le secteur de la Lône, une partie du canal a disparu, laissant les murs et les arches qui le portaient. Les ouvertures permettent de franchir les petites dépressions sans abaisser la conduite. Sur d’autres portions du parcours, celle-ci était enterrée : la majorité de l’aqueduc restait ainsi protégée sous le sol.
À l’intérieur du canal, un mortier mêlant chaux et fragments de terre cuite assurait l’étanchéité. Des regards permettaient d’y pénétrer pour l’entretien. L’eau ne circulait donc pas à l’air libre au sommet des arches, mais dans une conduite couverte.
Le calcaire laissé par l’eau
Chargée en calcaire, l’eau de la Fontaine d’Eure a déposé des couches minérales sur les parois du canal. Ces concrétions ont progressivement réduit la place disponible pour son écoulement. Leur épaisseur aide aujourd’hui à comprendre l’entretien qu’exigeait la conduite.
À l’extérieur du canal, des amas calcaires se sont formés au fil de l’écoulement de l’eau, autour des fuites et des dérivations. Au Pont Roupt, l’un de ces amas conserve la trace d’une récupération de l’eau pour irriguer les cultures.
Bornègre, un pont pour l’eau
Près d’Argilliers, entre Uzès et Vers-Pont-du-Gard, le pont de Bornègre franchit un petit vallon. Il appartient au même aqueduc, en amont du Pont du Gard dans le sens de l’écoulement. Le ruisseau paraît modeste par temps calme, mais son lit peut recevoir les eaux de fortes pluies.
L’ouvrage possédait trois arches. Deux sont aujourd’hui en partie masquées par les dépôts, tandis que l’arche centrale reste bien visible. Ses gros blocs de pierre contrastent avec les petites maçonneries observées autour de Vers. La conduite qui passait au-dessus a disparu, mais le pont a continué à servir.
Quand les charrettes remplacent l’eau
Après l’abandon de sa fonction hydraulique, le pont de Bornègre est devenu un passage pour les hommes et les animaux. Sur le tablier, les ornières et les creux gardent les traces du passage des roues et des sabots.
Ailleurs, les habitants ont démonté des portions de l’aqueduc pour en récupérer les pierres. Bornègre a conservé ses arches et rejoint le réseau des chemins ruraux.
Prolonger vers Uzès et le Gardon
À Uzès, la vallée de l’Eure permet de retrouver le point de départ de l’aqueduc avant de visiter le centre ancien. Le Pont du Gard et son musée complètent la promenade par une vue d’ensemble du chantier romain. Pour poursuivre dans les villages de l’Uzège, rejoignez Blauzac, au-dessus de la plaine du Gardon.
Informations pratiques
Préparer la promenade
- Parcours et durée
- Comptez une à deux heures pour explorer un secteur de vestiges et prendre des photos, selon le point de départ choisi. Préparez séparément l’arrêt à Bornègre, près d’Argilliers. La mairie de Vers propose des itinéraires autour de l’aqueduc pour organiser la marche.
- Accès et stationnement
- Pour les vestiges proches du monument, le parking rive gauche du Pont du Gard constitue un point de départ. L’accès au pont à pied est libre ; le stationnement et les espaces culturels sont payants. Consultez les conditions d’accès au site. Depuis les villages, utilisez les emplacements autorisés et respectez les propriétés traversées.
- Musée et visites guidées
- Le musée du Pont du Gard explique le tracé, la construction et les usages de l’aqueduc. Les visites guidées du monument complètent cette découverte. Vérifiez les horaires et les conditions de réservation des espaces culturels et des visites.
- Terrain et équipement
- Chaussures de marche, eau et protection solaire sont utiles sur les sentiers pierreux. Le printemps et l’automne conviennent aux promenades ; évitez les fortes chaleurs. Restez sur les chemins, sans grimper sur les maçonneries fragiles. À Bornègre, renoncez au passage si le ruisseau est en crue.
- Accès aux massifs en été
- Avant de partir, consultez la carte du risque incendie du Gard et les restrictions éventuelles d’accès aux massifs. La signalisation et les fermetures sur place priment sur le parcours envisagé.
Pour préparer votre séjour : office de tourisme Destination Pays d’Uzès Pont du Gard.
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