Escapade à Avignon
Villeneuve-lès-Avignon, de la Tour Philippe-le-Bel à la Chartreuse
De l’autre côté du Rhône, Villeneuve éclaire l’histoire d’Avignon depuis la rive du royaume de France.
Une ville royale sur la rive droite du Rhône
Sur la rive droite du Rhône, Villeneuve-lès-Avignon s’est développée autour de deux positions : le bourg Saint-André sur le mont Andaon et, plus près du fleuve, la ville royale établie au débouché du pont.
En 1293, Philippe le Bel crée Villeneuve-Saint-André sur cette rive relevant du royaume de France. Avignon appartient alors au comte de Provence et relève encore du Saint-Empire.
Le parcours proposé reprend la progression d’un voyageur arrivé par le pont : depuis la Tour Philippe-le-Bel, il gagne les hauteurs, traverse le centre ancien et rejoint le mont Andaon avant de redescendre vers la Chartreuse.
La Tour Philippe-le-Bel gardait l’entrée du pont
Une forteresse est édifiée près du fleuve entre 1293 et 1307 afin de contrôler l’entrée occidentale du pont Saint-Bénézet. La Tour Philippe-le-Bel en constitue aujourd’hui le principal vestige. Les voyageurs et les marchandises venant d’Avignon entraient ici dans le royaume de France.
Le pont médiéval franchissait alors les différents bras du Rhône et les îles qui s’étendaient à l’emplacement de l’actuelle Barthelasse avant d’atteindre cette rive. Depuis la terrasse de la tour, son ancien tracé se lit encore dans le paysage : Avignon et ses remparts à l’est, la plaine du Rhône au sud, le centre de Villeneuve et le mont Andaon au nord.
La colline des Mourgues au-dessus du quartier de la Tour
Depuis le quartier de la Tour, le chemin gagne la colline des Mourgues, au sud du centre ancien. Ce domaine clos et boisé de sept hectares domine les toits de Villeneuve. Sous les pins et les chênes verts, les ouvertures ménagées par le relief montrent tour à tour la Tour Philippe-le-Bel, le Fort Saint-André et Avignon au-delà du Rhône.
La colline conserve aussi une histoire plus tardive : dans les vestiges de la Petite Chartreuse vécut le dernier chartreux de Villeneuve après la Révolution. La petite chapelle Notre-Dame-de-Consolation occupe le point culminant du domaine. En redescendant vers le centre, le chemin rejoint les rues anciennes et la place Jean-Jaurès.
La place Jean-Jaurès au cœur du centre ancien
La place Jean-Jaurès occupe le centre du vieux Villeneuve, bordée de façades de pierre et de terrasses. Sous les platanes, les terrasses offrent une halte ombragée avant de reprendre la montée. La collégiale Notre-Dame, son cloître et le musée Pierre-de-Luxembourg se trouvent à proximité. Depuis la place, les rues qui remontent vers le mont Andaon passent encore devant plusieurs bâtiments issus des anciennes résidences cardinalices.
La montée du Fort et la livrée de Giffone
Après l’installation de la papauté à Avignon en 1309, cardinaux et prélats font construire sur la rive droite du Rhône des résidences entourées de cours et de jardins. Ces livrées ne formaient pas un quartier isolé : leurs bâtiments se sont intégrés aux rues de la ville et plusieurs ont été transformés au fil des siècles.
Dans la montée du Fort subsiste le palais édifié pour le cardinal Bertrand du Pouget. Après sa mort en 1352, la résidence passe à Audouin Aubert, neveu d’Innocent VI, puis elle est occupée par le cardinal franciscain Léonard de Giffon. Cette succession explique ses deux noms actuels : palais de Bertrand du Pouget et livrée de Giffone.
Les tours jumelles du Fort Saint-André
La montée se termine au Fort Saint-André, au sommet du mont Andaon. L’enceinte entoure l’ancienne abbaye bénédictine et le bourg Saint-André, installés sur la colline avant la création de la ville royale. Le fort visible aujourd’hui fut élevé principalement entre 1362 et 1368, sous le règne de Jean II le Bon, afin d’affirmer la présence du roi de France face aux terres d’Avignon.
Les deux tours rondes encadrent la porte d’entrée et dominent le centre ancien. Depuis les hauteurs, la vue réunit le Rhône, le Rocher des Doms, les remparts et la masse du Palais des Papes.
La Chartreuse d’Innocent VI au pied du mont Andaon
En redescendant du fort vers le centre ancien, le parcours longe la Chartreuse du Val de Bénédiction. Au milieu du XIVe siècle, Étienne Aubert, devenu pape sous le nom d’Innocent VI, transforme son ancien palais cardinalice en monastère et choisit d’y être inhumé. Derrière le portail monumental se succèdent cloîtres, cellules, chapelles et jardins. Une chapelle conserve des fresques de Matteo Giovannetti, également actif au Palais des Papes. Le Centre national des écritures du spectacle y accueille aujourd’hui auteurs et compagnies. Cette présence contemporaine du spectacle vivant prolonge, sur l’autre rive, la relation d’Avignon au théâtre en juillet.
Vers la vallée du Rhône et le Gard provençal
Au-delà du mont Andaon, Villeneuve ouvre vers la vallée du Rhône et le Gard provençal. Vers le nord, les routes traversent la plaine de Pujaut et les vignobles de Tavel et de Lirac ; vers l’ouest, le Pont du Gard et Uzès prolongent le séjour dans l’arrière-pays.
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