Escapade sur le littoral varois
Saint-Tropez, du vieux port à la citadelle
Texte et photographies par Vincent Flachaire
À Saint-Tropez, des quais du vieux port à la citadelle au-dessus du golfe, les bateaux, les peintres et les souvenirs des capitaines au long cours accompagnent notre promenade dans une ville toujours tournée vers le large.
Les pointus du vieux port
Les pointus sont des barques de pêche méditerranéennes en bois, à la coque arrondie et aux deux extrémités effilées. Autrefois propulsés à la rame ou sous une voile latine triangulaire, ils côtoient aujourd’hui les yachts dans le vieux port. Dans ce bassin, la plaisance a pris la suite d’un port où se croisaient pêcheurs, marchands et charpentiers de marine.
Le vin, le bois et le liège des environs partaient par mer. Les tartanes, bateaux de transport à voile latine, assuraient une partie de ce commerce le long des côtes. Près de la chapelle de l’Annonciade, les chantiers navals construisaient aussi des navires destinés à des voyages bien plus lointains.
Des capitaines jusqu’au cap Horn
Entre 1791 et 1914, une école d’hydrographie forme à Saint-Tropez des maîtres au cabotage — la navigation marchande entre les ports d’une même côte — et des capitaines au long cours. La navigation offre alors aux familles tropéziennes des métiers qui les éloignent parfois pendant de longs mois.
Certains marins commercent dans les ports de l’Empire ottoman ; d’autres gagnent les côtes de l’Inde ou Zanzibar. Les premiers Tropéziens à franchir le cap Horn partent même chasser la baleine. Ces voyages occupent aujourd’hui une place importante dans le musée d’histoire maritime, installé à la citadelle.
Les quais reconstruits après 1944
Les façades du port donnent une impression de continuité, mais les quais ont été gravement endommagés en août 1944 par les destructions allemandes. Entre 1945 et 1948, le port est reconstruit à l’identique. Derrière son apparence ancienne, une partie de ce paysage familier est donc le résultat de la reconstruction d’après-guerre.
Les peintres arrivent par la mer
En 1892, Paul Signac accoste à Saint-Tropez à bord de son yacht L’Olympia. Il achète ensuite La Hune, dont il fait son atelier, et accueille d’autres peintres, notamment Matisse et Marquet. Signac contribue à faire de Saint-Tropez un foyer de la peinture moderne.
Au bord du port, le musée de l’Annonciade réunit des œuvres pointillistes, nabis et fauves, réalisées entre 1890 et 1950. Les tableaux de Signac et des artistes qui l’ont rejoint donnent une autre intensité aux reflets, aux voiles et aux façades que l’on vient de longer sur les quais.
Un défi à l’origine des Voiles de Saint-Tropez
En 1981, un défi oppose le voilier américain Pride à Ikra, un grand voilier de compétition de la classe des 12 Mètres. Le parcours part de la tour du Portalet et rejoint Pampelonne en passant par le haut-fond de la Nioulargue. Ikra l’emporte, puis les équipages se retrouvent à table au Club 55.
De cette rencontre naît la Nioulargue, à laquelle succèdent les Voiles de Saint-Tropez en 1999. Le rassemblement conserve le principe d’origine : faire naviguer sur les mêmes eaux des voiliers classiques et des bateaux modernes. À quai, les coques de course et leurs grands mâts donnent au port un visage qui change au gré des escales et des régates.
La citadelle surveille le golfe
Construit entre 1602 et 1607, son donjon hexagonal constituait le dernier refuge de la garnison en cas d’attaque. Un fossé et un pont-levis protégeaient son entrée. La montée depuis les quais mène ainsi du port marchand aux ouvrages chargés de défendre la côte.
Les Bravades gardent aussi le souvenir de cette défense locale : les cérémonies de mai associent la dévotion au saint patron à l’héritage de la milice tropézienne. Une autre Bravade, le 15 juin, commémore la résistance de la ville à l’attaque de vingt et une galères espagnoles en 1637.
Dans le donjon, le musée d’histoire maritime suit les Tropéziens sur les routes de la Méditerranée et des océans, à travers des objets, des témoignages et des images de navigation. À l’extérieur, les canons dominent le golfe ; entre les pins, le clocher et les toits marquent le chemin parcouru depuis le port.
Prolonger l’escapade sur le littoral varois
À l’ouest de Saint-Tropez, Bormes-les-Mimosas domine les plages depuis les premiers reliefs des Maures. Plus loin, la presqu’île de Giens alterne salins, longues plages de sable et côte rocheuse.
Informations pratiques
Préparer une escapade à Saint-Tropez
- Durée et saison
- Prévoyez une demi-journée pour le port, le centre et la montée à la citadelle ; davantage pour visiter les deux musées. Au printemps et en automne, hors grands événements, la promenade est généralement plus tranquille. En été, le matin est préférable pour limiter la chaleur et l’affluence.
- Stationnement
- Les parkings du Nouveau Port et des Lices permettent de poursuivre à pied. Consultez les emplacements et les conditions sur la page municipale du stationnement. Les routes du golfe sont très chargées en saison.
- Venir par la mer
- Des navettes relient notamment Sainte-Maxime à Saint-Tropez. Les autres dessertes et les fréquences varient selon la saison : consultez les liaisons maritimes présentées par la ville pour préparer l’aller et le retour.
- Musées
- La citadelle et son musée d’histoire maritime se trouvent au-dessus du centre ; le musée de l’Annonciade est au bord du port. Vérifiez les horaires et les fermetures auprès de chaque établissement.
- Événements
- Les Bravades ont lieu les 16, 17 et 18 mai ; la Bravade des Espagnols se tient le 15 juin. Les Voiles de Saint-Tropez animent le port à la fin de septembre et au début d’octobre, selon le calendrier annuel.
- À prévoir
- La montée à la citadelle comporte des pentes et des marches. Prévoyez des chaussures confortables, de l’eau et une protection solaire.
Pour préparer votre visite : Saint-Tropez Tourisme.
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