Escapade en Camargue
Piémanson, une plage au bout de la Camargue
Piémanson conserve le caractère d’une plage sauvage et libre, en fragile équilibre entre le Grand Rhône et la Méditerranée.
Entre mer, étangs et dunes
La plage de Piémanson forme une longue et mince bande de sable face à la Méditerranée. Modelé par le Grand Rhône, la mer et le vent, ce cordon littoral bordé de dunes basses et de lagunes reste un paysage fragile, toujours en mouvement.
Après les maisons ouvrières de Salin-de-Giraud, la route traverse les salins et les étangs, puis s’achève au bord de la plage sans rencontrer de station balnéaire. La zone de stationnement et le poste de secours marquent l’entrée du site ; quelques pas suffisent ensuite pour retrouver le sable, l’eau, le vent et les bois flottés apportés par le Rhône.
Informations pratiques
Accès, stationnement et baignade à la plage de Piémanson
- Accès
- Depuis Arles, la RD36 traverse Salin-de-Giraud, puis rejoint Piémanson, une douzaine de kilomètres plus au sud. Depuis Port-Saint-Louis-du-Rhône, le bac de Barcarin donne accès à Salin-de-Giraud par l’est.
- Stationnement
- Le parking gratuit est limité à la zone délimitée près de la plage. Le stationnement est autorisé de 6 h à 22 h, sans possibilité de passer la nuit.
- Services sur place
- Il n’y a sur la plage ni restaurant, ni commerce, ni véritable abri contre le soleil ou le mistral. Les premiers services se trouvent à Salin-de-Giraud.
- Baignade
- En juillet et en août, une partie de la plage est surveillée tous les jours de 10 h à 19 h. La surveillance ne couvre pas l’ensemble du littoral.
- Naturisme
- À l’est de la plage classique, un espace balisé est réservé au naturisme. Il se prolonge en direction de l’embouchure du Grand Rhône.
- Réglementation
- Bivouac, camping, caravaning, barbecues et feux sont interdits. Les chiens en laisse sont tolérés hors de la zone de baignade surveillée, mais interdits dans celle-ci en saison.
Les horaires, les conditions d’accès et les règles saisonnières sont à vérifier avant le départ auprès de la Ville d’Arles et de l’Office de tourisme d’Arles.
Du village éphémère au littoral protégé
Les premiers estivants de Piémanson venaient de Salin-de-Giraud, notamment du monde ouvrier des salins. À partir des années 1950, tentes, caravanes puis camping-cars se multiplièrent sur le sable. Chaque été, ce campement formait un village éphémère où plusieurs milliers de personnes séjournaient quelques jours ou plusieurs semaines.
Au fil des décennies, cette occupation saisonnière a nourri la réputation de liberté de Piémanson. Elle exerçait aussi une forte pression sur les dunes et soulevait des problèmes de sécurité et de salubrité. L’arrêté préfectoral du 31 mars 2016 a mis fin au camping sauvage et organisé le stationnement dans une zone délimitée. La plage reste accessible, mais l’espace autrefois occupé par les véhicules a été rendu au sable.
Un cordon de sable entre le Rhône et la mer
À l’ouest de l’embouchure du Grand Rhône, Piémanson occupe l’une des marges les plus mobiles du delta. Le fleuve apporte des sables, des limons et des bois que les courants marins redistribuent le long de la côte, tandis que les tempêtes déplacent le rivage et remodèlent les dunes.
La construction du delta du Rhône a commencé il y a environ 10 000 ans. Les digues ont depuis fixé le cours du fleuve et limité ses divagations, sans immobiliser le littoral. À Piémanson, cette évolution se lit encore dans les laisses de mer, les dunes entamées ou reformées et les bois échoués sur le sable. Ces milieux font partie du site Natura 2000 « Rhône aval », qui comprend la plage, les dunes et les abords de l’embouchure.
Salin-de-Giraud, un village né du sel et de l’industrie
À Salin-de-Giraud, les longues rues rectilignes, les maisons ouvrières et les anciens quartiers de compagnie racontent la naissance industrielle du village. À la fin du XIXe siècle, les établissements liés au sel et à la chimie ont fait surgir cette cité ouvrière dans la Camargue orientale.
Autour du village, les tables salantes, les digues et les canaux ont transformé les lagunes de cette partie de la Camargue. Les variations de niveau et de salinité donnent aux eaux des teintes changeantes. Flamants roses et autres oiseaux d’eau fréquentent surtout ces étendues, bien davantage que le rivage de Piémanson.
Un espace ouvert, un littoral vulnérable
Rien ne vient masquer la ligne du rivage, et Piémanson conserve cette sensation de bout du monde. Exposé aux tempêtes, au recul du trait de côte et à une forte fréquentation estivale, le cordon littoral reste vulnérable. Les règles actuelles cherchent à préserver cette ouverture et à rendre sa place au sable, à l’eau et au vent. À Piémanson, la liberté associée au lieu se conjugue aussi avec la place laissée au paysage.
Le bac de Barcarin, en venant de Marseille
Depuis Marseille, Martigues ou la Côte Bleue, le bac de Barcarin évite de remonter jusqu’à Arles pour rejoindre Salin-de-Giraud. En une dizaine de minutes, il relie Port-Saint-Louis-du-Rhône à la rive camarguaise du Grand Rhône. Le bac donne au trajet son propre rythme : attente sur la rive, mouvement des navires, courte traversée, puis ouverture vers les salins.
Information pratique
Fonctionnement du bac de Barcarin
Le service fonctionne toute l’année, mais peut être interrompu par les conditions météorologiques, le niveau du Rhône, la navigation ou des opérations de maintenance. Consultez les horaires et l’état du trafic avant le départ.
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