Escapade en Camargue
Piémanson, une plage au bout de la Camargue
Texte et photographies par Vincent Flachaire
Au sud de Salin-de-Giraud, la route s’arrête devant la plage de Piémanson. Le sable, les dunes basses et les bois flottés s’étendent face à la Méditerranée.
Entre mer, étangs et dunes
Piémanson forme une longue bande de sable bordée de dunes basses et de lagunes. La mer occupe tout l’horizon ; au sol, les branches échouées et les laisses de mer dessinent d’autres lignes dans le sable.
Quelques pas au-delà de l’entrée de la plage suffisent pour s’éloigner du stationnement. Le rivage se prolonge sans station balnéaire, avec les vagues d’un côté, les dunes de l’autre et les bois flottés pour ponctuer la marche.
Du village éphémère au littoral protégé
Les premiers estivants de Piémanson venaient de Salin-de-Giraud, notamment du monde ouvrier des salins. À partir des années 1950, tentes, caravanes puis camping-cars se multiplièrent sur le sable. Chaque été, ce campement formait un village éphémère où plusieurs milliers de personnes séjournaient quelques jours ou plusieurs semaines.
Au fil des décennies, cette occupation saisonnière a nourri la réputation de liberté de Piémanson. Elle exerçait aussi une forte pression sur les dunes et soulevait des problèmes de sécurité et de salubrité. L’arrêté préfectoral du 31 mars 2016 a mis fin au camping sauvage et organisé le stationnement dans une zone délimitée. La plage reste accessible, mais l’espace autrefois occupé par les véhicules a été rendu au sable.
Un cordon de sable entre le Rhône et la mer
À l’ouest de l’embouchure du Grand Rhône, le fleuve apporte des sables, des limons et des bois que les courants redistribuent le long de la côte. Les tempêtes déplacent le rivage et remodèlent les dunes. Les branches échouées sur la plage rappellent ce lien avec le Rhône, tandis que les digues et les enrochements témoignent des efforts pour contenir la mer.
Salin-de-Giraud, les eaux roses et les montagnes de sel
Avant la plage, Salin-de-Giraud et ses maisons ouvrières rappellent l’industrie du sel et de la chimie qui a fait naître le village au XIXe siècle. Au-delà des habitations, les tables salantes, les canaux et les digues composent le paysage. Les eaux prennent parfois des teintes roses, au pied des camelles, ces vastes montagnes de sel.
Les étangs et les sansouïres, couverts d’une végétation basse adaptée aux sols salés, prolongent ces paysages de Camargue. Les flamants roses et les autres oiseaux d’eau fréquentent ces lagunes.
Faraman, le phare et l’ancien sémaphore dans les salins
À l’ouest de Piémanson, le phare de Faraman et les ruines de l’ancien sémaphore se détachent au-dessus des étangs et de la végétation basse. La tour ronde du sémaphore, ouverte par l’effondrement de ses murs, rappelle la surveillance du littoral et la transmission de messages par signaux optiques.
Le phare, avec ses larges bandes noires et blanches, reste un repère dans ce paysage horizontal. Son feu a été allumé le 3 avril 1892, dans une nouvelle tour établie à 1 200 mètres en retrait de l’ancien édifice.
Ce déplacement raconte l’avancée de la mer : l’emplacement de l’ancien phare se trouvait à 675 mètres du rivage en 1835, mais à seulement 190 mètres en 1864. Des pierres de l’ancien édifice ont été réemployées pour construire le nouveau.
Le bac de Barcarin, en venant de Marseille
La découverte commence parfois avant même Salin-de-Giraud, par la traversée du Grand Rhône. Depuis Marseille, Martigues ou la Côte Bleue, le bac de Barcarin évite de remonter jusqu’à Arles pour rejoindre Salin-de-Giraud. En une dizaine de minutes, il relie Port-Saint-Louis-du-Rhône à la rive camarguaise du Grand Rhône. Le bac donne au trajet son propre rythme : attente sur la rive, mouvement des navires, courte traversée, puis ouverture vers les salins.
Poursuivre l’escapade vers Arles et la Côte Bleue
Vers le nord, Arles prolonge la journée autour de ses monuments romains et des quais du Rhône. De l’autre côté du fleuve, les plages de Martigues et de la Côte Bleue offrent un contraste avec Piémanson : le sable s’y partage le rivage avec les caps rocheux, les pinèdes et les petits ports.
Informations pratiques
Accès, stationnement et baignade à la plage de Piémanson
- Accès
- Depuis Arles, la RD36 traverse Salin-de-Giraud, puis rejoint Piémanson, une douzaine de kilomètres plus au sud. Depuis Port-Saint-Louis-du-Rhône, le bac de Barcarin donne accès à Salin-de-Giraud par l’est.
- Stationnement
- Le parking gratuit est limité à la zone délimitée près de la plage. Le stationnement est autorisé de 6 h à 22 h, sans possibilité de passer la nuit.
- Services sur place
- Il n’y a sur la plage ni restaurant, ni commerce, ni véritable abri contre le soleil ou le mistral. Les premiers services se trouvent à Salin-de-Giraud.
- Baignade
- Une zone de baignade est surveillée en été, selon le calendrier publié par la Ville d’Arles. La surveillance ne couvre pas l’ensemble du littoral.
- Naturisme
- À l’est de la plage classique, un espace balisé est réservé au naturisme. Il se prolonge en direction de l’embouchure du Grand Rhône.
- Réglementation
- Bivouac, camping, caravaning, barbecues et feux sont interdits. Les chiens en laisse sont tolérés hors de la zone de baignade surveillée, mais interdits dans celle-ci en saison.
- Phare et sémaphore de Faraman
- Le parcours du salin vers Faraman est distinct de l’accès à la plage. Les conditions de visite sont précisées par l’office de tourisme d’Arles.
- Bac de Barcarin
- Le service fonctionne toute l’année, mais peut être interrompu par les conditions météorologiques, le niveau du Rhône, la navigation ou des opérations de maintenance. Consultez les horaires du SMTDR avant le départ.
Les horaires, les conditions d’accès et les règles saisonnières sont à vérifier avant le départ auprès de la Ville d’Arles et de l’Office de tourisme d’Arles.
Prolonger le séjour
Maisons d’hôtes en Camargue
Pour découvrir Piémanson, Salin-de-Giraud et les paysages du delta, le portail réunit des maisons d’hôtes en Camargue avec un accès direct aux sites des propriétaires.
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